Procès des occupants des logements de la Poste à Saint-Denis : délibéré le 8 mars 2010. L’audience en référé au Tribunal d’Instance (TI) s’est tenue ce matin à Saint-Denis, en présence du maire de Saint-Denis, du comité de soutien, des familles occupantes et du DAL assigné avec les familles. « La Poste » demande l’expulsion sans délai, complété par une astreinte de 500 euros par jour de retard. Ce procès, qui mêle à la fois la question des occupations citoyennes de locaux vacants, ainsi que la réquisition municipale possible en vertu des pouvoirs de police du Maire (sauf à Paris, Lyon et Marseille ) s’inscrit dans la campagne en cours pour l’application de la Loi de réquisition et l’interdiction des logements vacants.
Après le Maire de Saint-Denis, le DAL et les occupants sont convoqués au Tribunal. A quelques semaines de la fin de la trêve hivernale, et après la brutale décision de justice qui a frappé les militants de Jeudi Noir, place des Vosges à Paris, c’est au tour des occupants de l’immeuble réquisitionné à Saint-Denis appartenant à La Poste qui est menacé d’expulsion. Le DAL et les habitants sont assignés à fin d’expulsion au Tribunal d’Instance de Saint-Denis, lundi prochain, 25 janvier, à 9h00. Le 14 février dernier, huit ménages sans-logis soutenus par un large Comité de Soutien, s’installaient 12 rue jean Mermoz, dans un immeuble laissé vacant depuis plusieurs années par son propriétaire : La Poste. Devant le soutien unanime de la population et pour empêcher une expulsion manu-militari, le Maire de Saint-Denis, Didier Paillard, prenait quelques jours plus tard un arrêté de réquisition.
Saint Denis la Plaine (93), 500 personnes, soit 160 familles luttent contre leur expulsion. Hébergées dans deux résidences hôtelières, tenues par le même gérant, elles demandent leur relogement, et des papiers pour celles qui n’en ont pas. Après une tentative d’expulser sans jugement 40 familles, jeudi dernier, et la mobilisation des résidents, les pouvoirs publics ont accepté de prolonger l’hébergement jusqu’à lundi 19 octobre. Mais à partir de lundi, des portes vont à nouveau se fermer. Jeudi, 40 familles sont mises à la porte, puis sont réintégrées dans la soirée. Ça bouillonne dans les résidences hôtelières de la Plaine St Denis, « Plaine Lumière » et « Grand Stade », à deux pas de Paris et du grand stade, où sont hébergées depuis plusieurs années 160 familles avec enfants, soit plus de 500 personnes.
Depuis mi-février, 8 familles soutenues par de nombreux soutiens de la ville se sont installées dans les logements de fonction laissés vacants par la Poste (rue Jean Mermoz face au commissariat) depuis de nombreuses années. La Poste attaque en justice : Les familles et le Maire de Saint-Denis devant les tribunaux. La Poste, propriétaire de l’immeuble par l’intermédiaire d’une de ses filiales chargée de l’immobilier, attaque en justice la réquisition. Alors que la Poste a laissé vides ces logements pendant des années elle demande aujourd’hui à la justice l’expulsion des familles pour les remettre à la rue. La Poste possède un parc immobilier très important mais elle ne loge plus ses salariés qui connaissent eux même des difficultés à se loger.
Un immeuble vide réquisitionné Samedi 14 février, rue Jean Mermoz à Saint-Denis. Cet immeuble est un ancien foyer destiné à loger les salariés de La Poste, mais laissé vide depuis de nombreuses années sans raison. Encore en bon état, nous l’avons occupé avec 9 ménages : des familles et des jeunes travailleurs en galère, de la Seine-Saint-Denis, expulsés sans relogement, hébergés dans des hôtels au frais de la collectivité ou chez des amis, dans la rue, ou dans des squats... Tous sont en attente d’un logement décent et connus de la Préfecture depuis de nombreuses années… La situation du logement s’aggrave chaque année en France, et particulièrement en Seine-Saint-Denis.