Un couple et son bébé sans logement depuis trois mois
Un matelas posé à même le sol et une couverture. C’est tout. Pas de douche, pas de toilettes. C’est dans cette petite pièce minuscule, au fond d’un local du Prépaou appartenant à l’un de leurs amis, que Hassan El Makhfi, 20 ans, sa compagne Phonsana, 23 ans et leur petit garçon de 8 mois « habitent » depuis le mois d’août dernier. Leur aîné, âgé de deux ans, est pour le moment hébergé dans la famille, dans la Drôme. De temps à autres, le couple s’accorde une nuit à l’hôtel, pour avoir de l’eau chaude et un peu de confort. C’est à la suite de problèmes personnels, que la famille s’est retrouvée sans toit. « Au mois de juillet, alors que nous étions encore chez mon père, nous avons fait des demandes de logement », explique Hassan. On leur a alors proposé d’aller dans un foyer, à Marseille. « Mais j’avais un travail d’échaffaudeur calorifugeur, ce qui correspond à ma formation, poursuit le jeune homme, alors je ne voulais pas risquer de perdre mon emploi en allant là-bas, où c’est encore plus difficile d’en trouver. » Depuis ce refus, aucune recherche d’appartement n’a abouti.
« Une réquisition en urgence »
Pour soutenir ce jeune couple et tenter de le sortir de sa précarité, des membres de la section istréenne de la Ligue des droits de l’homme, qui avaient alerté les services de la sous-préfecture le 12 septembre dernier, sans suite, selon eux-ainsi que du Droit au logement (DAL) se sont rendus hier après-midi devant la sous-préfecture, demandant « une réquisition du sous-préfet, en accord avec la mairie, d’un logement, en urgence. » « Au Prépaou, on a déjà compté au moins quatre logements sociaux vacants », insiste Jean-Claude Aparicio, vice-président de la LDH d’Istres. Ils ont demandé à être reçus par Raymond Le Deun, qui, absent, leur a transmis une réponse par courrier : "Le bureau action insertion logement qui gère le plan départemental d’action pour le logement de personnes défavorisées, a présenté la candidature de cette famille dès le 10 octobre sur un T3 que je venais de mettre à sa disposition sur la commune d’Istres.
La commission d’attribution du bailleur ne l’a pas retenue car son dossier était incomplet malgré plusieurs relances.« Ce dernier argument vivement contesté par la LDH, mais également avancé par René Raimondi, conseiller général du canton Istres sud (le dossier d’Hassan est suivi par le Conseil général), qui indique être intervenu auprès du bailleur »pour positionner en urgence la famille« sur ce logement, mais qu’ »il manquait des pièces au dossier. De son côté, Hassan, qui reçoit son courrier au Centre communal d’action sociale (qui fait office de « boîte postale ») affirme, au bord des larmes : « Je n’ai jamais reçu de courrier de relance. » « Je ne veux pas être un assisté, ajoute-t-il, je travaille à La Mède, je gagne ma vie et je ne demande aucune aide, je demande simplement un toit, pour que le petit grandisse bien. » Un toit qui, à l’approche de l’hiver, devient urgent.
- Source : Stéphanie Durand, La Provence.

Envoyer l'article par mail













