les mal-logés occupent une clinique désaffectée à Paris

«Pâques au balcon, réquisition!» A quinze jours de la présidentielle, l’association Droit au logement (Dal) et le collectif Jeudi Noir ont décidé d’interpeller les candidats, en occupant nuitamment, dimanche, une clinique désaffectée au pied de la butte Montmartre à Paris.

«Notre but est de placer le logement au coeur de la campagne», explique Manuel Domergue, militant de Jeudi Noir qui aimerait faire de la clinique Duhesme «le bâtiment emblématique de la fin de campagne». «S’ils ne sont pas poussés aux fesses, ils ne vont pas spontanément parler de logement», regrette-t-il. A 10h, alors que les familles se levaient une à une à l’intérieur de «l’immeuble de la Butte», les forces de l’ordre sont arrivées sur place, bloquant la rue sur 200 m.

Jeudi, les professionnels de l’immobilier se sont déjà insurgés contre le silence assourdissant des politiques. Les huit fédérations du secteur et la Fondation Abbé Pierre ont «regretté qu’aucun candidat à l’élection présidentielle ne se soit déplacé personnellement» à leur colloque intitulé Le logement: cause nationale.
Pour le Dal et Jeudi Noir, seule une opération coup de poing est susceptible de mobiliser les candidats.

«Il faut mettre la pression et pousser la question des mal-logés qui est traitée uniquement sous l’angle des classes moyennes, alors que sont oubliés les jeunes, les migrants ou encore les salariés pauvres», argumente le porte-parole du Dal, Jean-Baptiste Eyraud.

A la faveur de la nuit, 25 personnes, dont quatre familles et six enfants, ont donc investi la clinique Duhesme, un immeuble de cinq étages situé 17 rue Duhesme dans le 18e arrondissement. Certains sont en logement précaire, d’autres sont des foyers reconnus prioritaires Dalo (Droit au logement opposable). Dimanche matin, ils occupaient quelques-unes des 25 chambres de l’établissement de santé.
«Mode parano»

«Le logement est salubre, à l’abandon depuis trois ans et il n’y a pas de projet pertinent, il est donc légitime qu’on l’occupe», dit Simon Cottin-Marx, militant de Jeudi Noir. «Un immeuble vide à Paris, une clinique désafffectée, c’est un non-sens», abonde Jean-Baptiste Eyraud. Selon lui, il y a en France trois millions de personnes «en grande difficulté de logement», alors qu’on recense quelque 2,1 millions de logements vacants.

«Depuis qu’on a été expulsés de la rue Matignon, le 18 février 2011, on recherchait un endroit», raconte Manuel Domergue. Entre décembre et février 2011, le collectif avait squatté un immeuble de bureaux vide proche de l’Elysée. Il avait ensuite tenté deux autres occupations, boulevard de la Madeleine (2e), puis rue de Chateaudun (9e), mais la police, prévenue très tôt, les avait immédiatement expulsés. Du coup, cette fois-ci, «on est en mode parano, on a pris un maximum de précautions», racontent-ils. Pas de mails, de nouvelles puces téléphoniques… Tout a été réglé au millimètre.

C’est la deuxième occupation pour laquelle coopèrent le Dal et Jeudi Noir. La dernière remonte au 31 décembre 2006, où les deux associations avaient squatté un immeuble rue de la Banque, dans le 2e arrondissement.

Deux autres squats ont fait parler d’eux à Paris ces dernières années: entre mars 2008 et juin 2009, huit étudiants avaient occupé un immeuble au 69 rue de Sèvres, puis entre octobre 2009 et octobre 2010, Jeudi Noir avait organisé une occupation dans un hôtel particulier de la place des Vosges. A chaque fois, leur expulsion avait été ordonnée par la justice.

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