Remise à la rue par la préfecture des oublié.es du 115 mobilisé.es à Nantes !


 
La Préfecture remet des personnes à la rue suite à l’action du collectif des oublié·es du 115 aux ateliers Dulcie September, honte à l’État !

 

Les services de la Préfecture de Loire-Atlantique viennent de remettre à la rue une quinzaine de familles qui avaient été prises en charge par le 115 à la suite de la mobilisation organisée le 17 juin dernier par le collectif des oublié·es du 115 et DAL 44 aux Ateliers Dulcie September.

A cette occasion, 119 personnes dont 43 enfants, se sont mobilisées pour revendiquer le respect de leurs droits à un hébergement pérenne et adapté, jusqu’au relogement. Grâce à cette action, des solutions ont été trouvées conjointement par les services de la Ville de Nantes et de la Préfecture de Loire-Atlantique, notamment l’ouverture d’une école modulaire jusque fin septembre pour y loger plus de 90 personnes pour lesquelles la préfecture n’a pas daigné trouver de solutions !

Nous souhaitons donc dans un premier temps dénoncer le désengagement de l’État qui s’est lourdement déchargé de compétences qui relèvent pourtant de sa responsabilité. En agissant ainsi, la Préfecture ne respecte ni le principe d’inconditionnalité du droit à l’hébergement, ni le droit au maintien dans une structure d’hébergement jusqu’à une orientation ou un relogement adaptés, tels que prévus par les articles L. 345-2-2 et L. 345-2-3 du Code de l’action sociale et des familles. Cette politique condamne des personnes particulièrement vulnérables, dont des familles avec de très jeunes enfants, à l’errance et aux violences de la rue.

S’agissant de la quinzaine de ménages pris en charge par l’État le 17 juin dernier, rappelons que plusieurs ménages ont été orientés très loin de l’agglomération nantaise. Or, ces familles sont fortement ancrées sur le territoire nantais, où elles bénéficient d’un accompagnement social, d’une aide alimentaire, de la scolarisation de leurs enfants ou d’un suivi médical. Faute de moyens de transport, certaines ont été contraintes de renoncer à ces hébergements, et aucune orientation plus adaptée ne leur a été faite.

Enfin, pour celles et ceux qui ont obtenu une place dans des structures à Nantes, elles viennent tout simplement d’être remises à la rue hier : ces pratiques sont inacceptables, contraires au droit et criminelles !

Malgré nos signalements répétés, notre mobilisation, et un rassemblement organisé le 26 juin dernier devant les services de la DDETS pour exiger des engagements de la Préfecture, l’Etat et le Département remettent des personnes et des familles, avec de très jeunes enfants, à la rue. L’État reproduit les mêmes agissements que lors d’une mobilisation similaire, qui s’est déroulée en novembre dernier, condamnant à l’errance une dizaine de personnes, en majorité des femmes seules. Ceci est une politique délibérée que la Préfecture fait subir à des milliers d’autres personnes sans-logis à Nantes (plus de 8500 personnes sont domiciliées au CCAS) : du tri, des rotations, des hébergements inadapté et en pointillé, pour celles qui ont la chance d’obtenir une réponse du standard du 115 et une proposition de prise en charge…

Nous venons de traverser un épisode de canicule particulièrement intense, et de tels événements sont appelés à se multiplier au cours de l’été. Comment accepter que des personnes vivent à la rue alors que les températures dépassent les 40 °C pendant plusieurs jours, alors même que ces conditions sont déjà difficilement supportables dans certains logements ? A quoi joue la Préfecture de Loire-Atlantique ? Attend t-elle qu’un drame se reproduise, comme celui de la mort d’un homme à la rue à Beaulieu le 25 juin dernier ?

Alors que le nouveau Préfet de Loire-Atlantique, Laurent Hottiaux, vient tout juste de prendre ses fonctions, l’occasion lui est donnée de rompre avec ces pratiques profondément indignes et contraires au droit. C’est le moment d’agir et de respecter la loi ! Nous maintenons nos revendications et exigeons de la Préfecture :

  • le maintien, dans des structures d’hébergement adaptées situées à Nantes, de toutes les personnes mobilisées le 17 juin dernier, et de toutes les personnes à la rue, sans condition et sans tri ;
  • la garantie de la continuité de l’hébergement jusqu’au relogement pour toutes les personnes hébergées par les services du 115 ;
  • le relogement, dans les meilleurs délais, des personnes ayant des demandes HLM en cours ;
  • l’application immédiate de la loi de réquisition des logements vides pour l’hébergement d’urgence comme pour le marché locatif ;
 
UN TOIT C’EST UN DROIT !