La mairie menace les familles et les collectifs des écoles occupées de porter plainte !
Mi-juillet 2026 se tenait une réunion de l’Intercollectif des écoles occupées avec la mairie de Grenoble pour connaître les propositions d’hébergement faites aux familles occupant les écoles. Face aux collectifs et familles présentes, la mairie a usé de menaces à plusieurs reprises.
Alors que seules des mises à l’abri temporaires, sans engagement de durée, ont été proposées aux dernières familles des écoles occupées – accueil de nuit, hôtel, camping – , la mairie a menacé:
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de plaintes si des écoles sont réoccupées durant l’été sous le prétexte de « risques sanitaires, sécuritaires (canicule, installations électriques…)»,
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de plaintes contre X si des écoles venaient à être occupées à la rentrée,
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de considérer les familles qui refuseraient d’aller à l’accueil de nuit, comme refusant un hébergement alors que ce n’en est pas un puisque seules les femmes et les enfants y sont accueilli.e.s et sont remis.es à la rue au bout d’une semaine.
La mairie refuse catégoriquement d’ouvrir de nouvelles places d’hébergement. Elle rétropédale sur la réquisition de bâtiments vides qui faisait pourtant partie des mesures prioritaires de la maire pour ses 100 premiers jours en poste. Cela reste, pour l’Intercollectif, des revendications primordiales quand des gens soufrent et meurent à la rue.
Elle rentre dans un processus de dénonciation et de répression des occupations d’écoles et n’hésite pas à intimider familles et collectifs pour tenter de faire cesser la mobilisation. Aucun.e maire en France, de droite comme de gauche, n’a jusqu’à maintenant porté plainte dans le cadre des occupations d’école, Laurence Ruffin innoverait donc en matière de tout-répressif et instaurait un délit de solidarité inédit.
Elle reprend le discours éculé de la mise en concurrence des sans abris, reprochant leurs actions aux collectifs de lutte, au lieu de s’appuyer sur la mobilisation des écoles occupées pour mettre la pression sur la préfecture et le conseil départemental, responsables de l’hébergement.
Sa volonté clairement énoncée est de faire en sorte que ce soit les collectifs, les associations, des fondations privées qui financent des appartements pour héberger les familles (dans le cadre de dispositifs du type LASUR), abandonnant par là sa responsabilité et le principe même de l’action politique.
Au niveau national, le nombre d’enfants à la rue ne cesse d’augmenter comme le dénoncent chaque année la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) et l’UNICEF France. A la veille de la rentrée scolaire 2026, ces associations dénombrent au moins 2 355 enfants qui sont resté.e.s sans solution après un appel au 115. Cela représente une hausse de 9 % par rapport à 2025 et de 42 % depuis 2022. Or ces chiffres sont une estimation basse car de nombreuses personnes ne parviennent pas à joindre le 115 ou renoncent à appeler. Les mineur.e.s non accompagné.e.s sans abri ainsi que les familles vivant en squats ou bidonvilles ne sont pas comptabilisés.
Dans l’agglomération grenobloise, la situation est tout aussi dramatique : chaque année scolaire il ne se passe pas une semaine sans que des personnels, des parents d’élèves, des associations, des syndicats, des travailleurs/euses sociaux ne soient alerté.e.s sur la situation d’élèves à la rue dans les écoles et établissements. Et 9 familles des écoles occupées l’année scolaire dernière, mises à l’abri de manière temporaire par la mairie, risquent d’être remises à la rue début septembre.
L’Intercollectif des écoles occupées n’acceptera jamais que des enfants dorment à la rue. Nos collectifs, composés de personnels et de parents d’élèves, créent depuis plusieurs années maintenant, autour des écoles et des établissements scolaires, des réseaux de solidarité de proximité immédiate indispensables dans le contexte politique actuel de montée des discours racistes et d’exclusion et de surenchère des politiques restreignant les droits des étranger.e.s. Nos collectifs occupent les écoles pour protéger les familles de la rue en les mettant à l’abri dans l’urgence et, à plus long terme, pour maintenir un rapport de force face aux institutions défaillantes afin d’obtenir les hébergements auxquelles les familles concernées ont droit. Ainsi, depuis octobre 2022 ce sont 130 familles dont 330 enfants qui ont été protégé.e.s.
Ce revirement et les intimidations de la mairie, qui n’a jamais répondu depuis à nos demandes de clarification, rompent avec les engagements pris jusque là et contredisent la « clause de résistance » adoptée en premier conseil municipal et censée s’opposer aux atteintes à l’égalité des droits et à la dignité humaine.
Nous demandons à la maire de Grenoble de revenir immédiatement sur sa décision de porter plainte en cas d’occupation d’école et de respecter « la clause de résistance » votée à son arrivée. Elle doit, sans attendre, prendre ses responsabilités et utiliser les pouvoirs dont elle dispose pour réquisitionner les bâtiments vacants.
La solidarité n’est pas un délit : nous ne reculerons pas et nous continuerons à nous mobiliser tant qu’il le faudra, pour défendre les droits des élèves à la rue et leurs familles, notamment par les occupations d’écoles.
L’Intercollectif des écoles occupées (soutenu par RESF 38, le DAL 38, la FCPE 38 et l’Intersyndicale «Enfants migrant.e.s à l’école» FSU-SUD éducation-CNT éducation-CGT Educ’action)

