Rennes : Communiqué sur la résidence du Parc à Pacé

La réquisition « la Résidence du Parc » située à Pacé cumule 16 000 € d’impayés d’eau et d’électricité. Certes le montant peut paraître exorbitant pour un citoyen, mais il est dérisoire lorsqu’il s’agit de l’Etat.

Selon la loi, l’Etat doit assurer l’hébergement des demandeurs d’asile. Cependant  en raison d’une pénurie de places en CADA en Bretagne comme partout en France, la préfecture ne remplit plus ses obligations légales et laisse impunément des centaines d’hommes, femmes et enfants à la rue.

Il est admis que 250 personnes vivent depuis 4 mois sur cette réquisition dont quelques 70 enfants. Si l’Etat appliquait la loi, le coût réel de l’hébergement de ces personnes serait de 250 personnes x 4 mois x 30 jours x 15 €, soit 450 000 € (15€ étant l’estimation du coût journalier d’une place en CADA).

Sollicitée à diverses reprises par le propriétaire des lieux  la SA HLM Les Foyers qui refuse courageusement pour raison humanitaire de demander la coupure des compteurs, la préfecture déclare que l’Etat n’a pas à intervenir entre une entreprise et un fournisseur.

Face à l’inquiètude du 115 à l’issue de l’expulsion programmée du squat de Pacé  le 15 novembre, le préfet Michel Cadot annonce déjà qu'”il faudra trouver une formule pour assurer une rotation”… de la misère ? La préfecture d’Ille et Vilaine préfère donc délibérément organiser la concurrence entre les exclus en finançant quelques nuits d’hôtel, plutôt que d’assumer ses responsabilités à moindre frais.

Complices par leur silence, les responsables politiques locaux ont toujours refusé d’intervenir,  de dire leur désapprobation au-delà de discours de circonstances, de clamer que le droit et la dignité des personnes priment sur les considérations politiques ou économiques.  Les sollicitations du DAL 35 au Ministre du Logement, Cécile Duflot,  sont également restées sans réponse.

Depuis l’ouverture du squat de Pacé, pas la moindre proposition de relogement des personnes n’a été évoquée à plus ou moins brève échéance. Pourtant dans quelques semaines, plusieurs centaines de migrants, car d’autres squats existent sur Rennes-Métropole et ils subiront le même sort et vont devoir vivre probablement sans eau ni électricité, avant d’être jetés à la rue manu-militari.

Pourtant des solutions existent. Il suffirait d’appliquer la loi de réquisition quand, selon les derniers chiffres de l’Insee, 10 000 logements sont vides dans l’agglomération rennaise et notamment des sites appartenant à l’Etat ou aux collectivités territoriales.

« Nous pouvons mettre à disposition des logements, mais qui va payer l’électricité et le chauffage ? Nous n’avons pas les moyens de le faire et l’Etat non plus », répond Guy Potin, vice-président de Rennes Métropole en charge de l’habitat.

Le DAL 35 dénonce ce choix politique qui piétine les droits fondamentaux en renonçant à l’inconditionnalité de l’accueil des personnes à la rue et à la protection des demandeurs d’asile.

Citoyens, élus, partis, syndicats il est plus que temps d’agir !

 

Rennes, le 26 septembre 2012

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