Tribune de la Plateforme Logement sur Mediapart


 

22 septembre 2026 – Club de Mediapart

Dérèglement climatique : le droit au logement ne peut plus attendre !

Les conséquences des vagues de chaleur et des incendies ne touchent pas tout le monde de la même manière. Pour la Plateforme Logement pour Tou·tes, ainsi qu’un ensemble d’organisations, il est temps de faire du droit à un logement protecteur une priorité sociale, écologique et démocratique : « Le logement n’est pas une marchandise comme une autre, il doit être régulé. »

Les incendies et les vagues de chaleur qui ont frappé notre pays cet été rappellent que le dérèglement climatique est déjà là. Mais ses conséquences ne touchent pas tout le monde de la même manière. Les premières victimes sont les habitant·es les plus modestes, les locataires, les travailleuses et travailleurs précaires, celles et ceux qui vivent dans des logements mal isolés, qui perdent leur toit après une catastrophe, un accident de la vie, une expulsion, ainsi que les personnes sans-abri.

Nous savons désormais qu’une passoire thermique est non seulement un frigo l’hiver, mais aussi une bouilloire l’été, et qu’elle menace les personnes vulnérables, enfants, personnes âgées, malades ou porteuses d’un handicap… C’est dans ce contexte qu’un projet de loi sur le logement présenté par le gouvernement et discuté au Sénat les 7 et 8 juillet 2026, en urgence et en première lecture, a reporté de 3 à 6 ans l’obligation de réaliser des travaux dans les passoires thermiques F, G, et G+, et a ouvert la voie à des dérogations massives.

Début juillet, le gouvernement a décidé de limiter les aides aux propriétaires occupants de passoires qui ne peuvent financer des travaux d’ampleur. De plus, pour la deuxième fois en un an, il vient de modifier à la baisse les critères de calcul du DPE, faisant sortir 400 000 logements locatifs privés du statut de passoire thermique… Là encore, il condamne les plus modestes à subir la crise climatique, à payer des factures d’énergie toujours plus élevées, afin de protéger M. Vautour.

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Dalle du quartier Charras, à Courbevoie, pendant un épisode caniculaire de juillet 2026 © LG

Alors qu’il faudrait accélérer la rénovation thermique des logements, en intégrant des mesures de rafraichissement et de protection contre les canicules, le gouvernement et la droite sénatoriale préfèrent repousser l’adaptation et soutenir la rente locative. Ce projet de loi et ces mesures gouvernementales abandonnent les locataires de bouilloires et insultent la mémoire de celles et ceux qui y ont laissé leur vie.    

Beaucoup de personnes sans-abri sont aussi décédées cet été, sans que le gouvernement ne prenne la moindre mesure telle un « plan grande chaleur », ou la réquisition d’immeubles vacants. Là, pour épargner des vies ou des souffrances, des réponses immédiates étaient possibles. Au contraire, il a supprimé des places d’hébergement, laissant toujours plus de personnes affronter la canicule.

Nous faisons part de notre solidarité avec les sinistrés des incendies qui ont détruit de nombreuses habitations. Non seulement il faut reloger au plus vite celles et ceux qui sont dans la précarité et ont tout perdu, mais il faut indemniser rapidement toutes les victimes des incendies, qui ont perdu leur maison, leur récolte, leur emploi, leur entreprise… 

La crise climatique impose de nouveaux choix. Il faut investir dans la rénovation thermique et les mesures de rafraîchissement des logements, renforcer les moyens de prévention et de lutte contre les incendies, développer un service public du logement et garantir à chacune et chacun un logement digne. Ces politiques doivent être financées par la taxation des profits tirés de la spéculation immobilière et par une contribution plus importante des plus grandes fortunes et des entreprises qui tirent profit de la crise.

Le logement n’est pas une marchandise comme une autre, il doit être régulé. Il est un droit fondamental et une protection contre les catastrophes climatiques, la précarité, la maladie, une protection pour la vie de famille… Renoncer à mettre en œuvre le droit au logement, c’est abandonner toujours plus de personnes à la misère, à la détresse, c’est laisser se creuser les inégalités, c’est aggraver la crise climatique. Nous refusons ce choix délétère. Il est temps de faire du droit à un logement protecteur une priorité sociale, écologique et démocratique.

Premiers signataires :

DAL

Association APPUII

ALDA

Femmes égalité

CNL

Association APPUII

ATTAC

ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins de France )

AFVS – Association des familles victimes du saturnisme

Construire

CONFEDERATION CGT

FSU

Union Syndicale Solidaires

UNEF le syndicat étudiant

Solidaires étudiant-e-s

Confédération paysanne

Alliance écologique et sociale (AES)

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