NOUVELLE VAGUE DE CHALEUR : LES SANS-LOGIS SE METTENT A L’ABRI AU FRAIS !
Point presse et témoignages sur place à 16h30
Ce mercredi 17 juin depuis 14h30, plusieurs dizaines de personnes sans logis occupent pacifiquement l’atelier Dulcie September (ex école des beaux arts) situé place du même nom et appartenant à la Ville de Nantes. Ces personnes se mettent à l’abri et exigent le respect de leur droit à l’hébergement jusqu’au relogement !
Ce sont en majorité des familles avec enfants et des femmes isolées qui n’obtiennent pas de solutions par le 115 ou seulement pour quelques nuits avant d’être remises à la rue. Réunies au sein du collectif des oublié-es du 115, ces personnes sont mobilisées depuis plusieurs mois avec DAL 44 pour interpeller les pouvoirs publics sur la gravité de leur situation.
Elles ont manifesté à plusieurs reprises pour faire valoir leurs droits, dont le 13 mai dernier devant les services préfectoraux, sans succès. Certaines ont des demandes HLM à jour, quelques unes avait déjà participé à l’initiative du 19 novembre 2025 au gymnase Armand Coidelle avant d’être remises dehors par la Préfecture quelques jours après. Ces pratiques ont bien sûr des conséquences irréversibles sur les personnes, les maintenant dans une précarité sans nom, en plus de dégrader leur santé physique et mentale. Rappelons que la rue abime durablement, quand elle ne tue pas: en 2025 le Collectif les Morts de la Rue a recensé 960 personnes sans domicile décédées.
Face à ces hausses de températures, la préfecture continue sa gestion au thermomètre. Des places d’hébergements ont été ouvertes quelques jours le 26 mai dernier, places qui ont été supprimées une fois les températures descendues en dessous de 34°c. Dans les faits, à Nantes comme dans de nombreuses villes, l’État ne respecte pas l’inconditionnalité du droit à l’hébergement (articles L345-2-2 et 2-3 du CASF). La Préfecture poursuit son « tri », met en concurrence et condamne à l’errance et à la violence de la rue de nombreuses personnes.
Pour éviter de nouveaux drames, en plaine vague de chaleur, iels ont décidé ensemble de passer à l’action, et cela quelques jours avant la journée mondiale des réfugié·es prévue le 20 juin 2026. Par ailleurs, rappelons que la Maire de Nantes nouvellement réélue affiche sa volonté de faire de Nantes “une ville refuge”, respectant “l’accueil inconditionnel en hébergement d’urgence” avec un objectif annoncé de “zéro enfant à la rue”.
Le lieu choisi est un bâtiment symbolique, ancienne école des beaux arts, propriété de la collectivité et laissé vide depuis sa fermeture il y a 9 ans. Il avait été occupé brièvement en novembre 2017 pour loger des mineurs non accompagnés à la rue, avant d’être rapidement évacué. Aujourd’hui, ce bâtiment est l’objet d’un projet d’occupation temporaire pour des associations et des artistes triés sur le volet. Ce “tiers-lieux”, aux intentions louables, interroge sur sa dimension sociale très limitée, ne prévoyant notamment aucun hébergement pour les plus précaires (comme c‘est pourtant le cas dans la majorité des projets de ce type, par exemple aux Grands Voisins à Paris ou à Coco Velten à Marseille). Ce projet reflète plus largement l’énergie mise par la collectivité à déployer des programmes attractifs ou touristiques plutôt que de mettre tout en œuvre pour mettre à l’abri ceux et celles qui en ont besoin.
Ce lieu aurait pu être mobilisé, même pour partie, pour loger les sans toits, les espaces vides ne manquent pas! Rappelons que 15 000 logements sont vacants sur l’agglomération nantaise, sans compter les nombreux bâtiments vacants, parmi lesquels: l’ex MAN et l’ex direction interrégionale NAMO appartenant à l’Etat, l’ex Ecole Maritime appartenant à Nantes Métropole, l’ex Collège Notre Dame de Bon Conseil ou même le site de l’Hôtel Dieu, bientôt vide. A quand l’application de la loi de réquisition ? L’État dispose de 2 procédures légales, la Ville et Métropole de Nantes peuvent aussi réquisitionner mais les pouvoirs publics se refusent toujours à agir alors qu’il y a urgence!
En plein vague de chaleur le collectif DAL des oublié-es du 115 et leurs soutiens exigent :
– l’hébergement immédiat et adapté sur Nantes de toutes les personnes présentes qui en ont besoin, sans conditions : marre du tri !
– la continuité des hébergements jusqu’au relogement pour toustes: marre des remises à la rue !
– le relogement dans les meilleurs délais des demandeur-es HLM : marre des hôtels !
– l’application de la loi de réquisition des logements et bâtiments vides et le respect des droits !
– une rencontre sur place avec des représentant-es de la Ville de Nantes et de la Préfecture 44 !
Nous nous maintenons dans les lieux tant que nous n’obtenons pas de solutions !
UN TOIT C’EST UN DROIT !
