Les chibanis de l’hôtel Voltaire/Bastille menacés d’expulsion

hotel voltaire façade

Paris le 26 décembre 2014 

Les CHIBANIS de l’HOTEL VOLTAIRE/BASTILLE MENACÉS D’EXPULSION DÉBUT JANVIER

 

LA PRÉFECTURE DE POLICE DE PARIS A AFFICHÉ dans l’hôtel Voltaire Bastille, 73 rue du Faubourg Saint Antoine, PARIS 11e , un arrêté d’interdiction immédiate d’habiter, ce qui en clair signifie qu’ils peuvent être expulsés à tout moment, en plein hiver, dans la 1ere quinzaine de janvier, selon la préfecture de police.

Le motif invoqué par la Préfecture de police est le non respect des normes de sécurité incendie: il est reproché aux locataires l’absence de gardien dans l’hôtel muni d’un diplôme de sécurité incendie. Pour répondre à cette menace sérieuse d’expulsion , les locataires cherchent un gardien qualifié, car aucun des locataires n’a la qualification exigée.

Néanmoins, depuis une semaine, ils se relaient 24H sur 24, pour surveiller l’hôtel et veiller sur l’installation de sécurité incendie en parfait état de fonctionnement.

Décision arbitraire :

Cette décision soudaine et inattendue de la Préfecture de police de Paris, a tous les contours d’une décision arbitraire. En effet,  elle est difficilement contestable au tribunal, et peut être exécutée à tout moment.

De plus, la présence d’un salarié qualifié n’a manifestement pas été exigée par la PPP à la gérante de l’hôtel, puisque depuis juin 2014, le gardien en titre a quitté sa loge, et a été remplacé par sa soeur. Il n’est d’ailleurs pas non plus certain que le gardien avait lui même la qualification requise.

En août, les locataires avaient cessé de payer un loyer à la gérante, ayant découvert que celle ci était l’objet d’un jugement d’expulsion depuis plus d’un an.

Fin septembre, la gérante a quitté les lieux. Les locataires ont alors commencé à gérer l’immeuble : constituer une association, prendre les abonnements  d’électricité, d’eau, de chauffage et assurer les réparations et l’entretien des lieux.

Depuis, et sans prévenir ni expliquer la cause de leur visite, les services de la Préfecture sont passés à deux reprises.  Ils sont repassés une troisième fois le 18 décembre. Prévenu quelques heures avant, les locataires ont fait part de leur intention d’assurer une surveillance 24h sur 24, et de leur connaissance de système de sécurité. Peine perdue, l’arrêté a été affiché le 19 décembre, tuant tout espoir de différer la décision.

Cet arrêté permet donc à la préfecture de police de faire évacuer l’hôtel avant le relogement progressif des habitants qui avait été annoncé par la Ville de Paris. Cette évacuation aurait lieu dans les premières quinzaines de janvier, selon la Préfecture de police.

Les locataires, choqués et remontés, car il leur avait été promis qu’ils passeraient l’hiver sur place ont décidé :

  • de ne pas quitter les lieux sans un relogement
  • de chercher un gardien qualifié, afin de se mettre en conformité avec les normes de sécurité incendie
  • d’accélérer les démarches de relogement, notamment en vue de mettre sur pied des colocations HLM.

Une rencontre a eu lieu depuis avec la Ville de Paris, qui propose d’accélérer les relogements et de rechercher un hébergement collectif.

Droit Au Logement, dénonce cette décision arbitraire de la PPP, prise juste avant les fêtes de fin d’année,  sans discussion  préalable avec les locataires, qui met en cause l’engagement des pouvoirs publics de respecter la trêve hivernale et surtout a pour conséquence de fragiliser des personnes âgées, souvent en précarité sociale.

DAL demande à la PPP de faire preuve d’un peu de souplesse, afin de ne pas en arriver à une expulsion forcée par un petit matin d’hiver, perspective inacceptable.

UN TOIT C’EST UN DROIT !

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